feline

Au commencement, il y eut une nouvelle...


Prologue d'une vie...



Une épée de lumière me traverse les paupières. Encore une journée de vie pénible à subir, encore une nuit à laquelle mon corps a survécu. J'ouvre les yeux, contemple un instant le plafond craquelé et pousse un soupir. Quand est-ce que cette mascarade va se terminer ? Soixante-dix années que ce petit jeu de dupes dure. La haine prend toujours le dessus sur cette lassitude issue de la vieillesse.
Chaque fois que je repense à lui, des rides très particulières creusent mon visage et l'assombrissent plus qu'un ciel d'été en plein orage. A maintes reprises dans ma vie, j'ai tenté de le rayer de mon existence. Chaque fois il a trouvé un moyen pour revenir empoisonner les nouvelles bases sur lesquelles je m'appuyais. Il ne m'a jamais réduite en morceaux, jamais détruite, pourtant pas faute d'avoir essayé... mais sa seule présence m'a toujours empêchée de vivre pleinement ma vie, et la haine m'a empêché de profiter de mes proches comme je l'entendais.

Doucement je me suis levée, grimaçant en sentant mes articulations protester. Mon dos, mes hanches, mes genoux, ne sont pas d'accord pour s'activer une journée de plus. Je me dirige lentement mais sûrement vers la cuisine dans l'intention de me faire un thé pour tenter de me réveiller tout à fait.
Ces derniers jours, je fais un cauchemar récurrent : lui et moi mangeons face à face, à une table d'un café terrasse ; nous avons vingt ans. La discussion est animée, presque hargneuse. Une fois de plus, nous essayons sans succès de nous éclaircir les idées, de nous expliquer. Une fois de plus, il refuse toute concession, et nous n'avançons pas d'un pouce. Je commence à y voir rouge quand soudain il arrête net la conversation, me lance un sourire carnassier et dit d'une voix tranchante : "J'ai gagné". Chaque fois, je me réveille en sursaut, ruisselante, et met un temps fou pour me rendormir.

Cette nuit je me suis réveillée à une heure... et ne me suis rendormie qu'à plus de trois heures. Je cherche à comprendre ce que ce rêve peut bien signifier mais je n'ai toujours pas trouvé. Passant devant une photo de mon défunt compagnon, j'ai un sourire aigre-doux : cela fait dix ans qu'il m'a quittée à cause d'un incident stupide. J'ai fait mon deuil, mais il est malgré tout toujours présent à mes côtés. Je le vois encore me sourire ou m'adresser un clin d'œil complice. Mon cœur se serre.
Je met sa pensée de côté et entreprend de faire chauffer de l'eau. Une fois la casserole d'eau sur le feu, je me sors un bol et y met le premier thé qui me tombe sous la main : pas de gestes inutiles pour mes vieux os.Quelques instants plus tard, je touille mon thé d'un air songeur.

Cela fait quelques temps déjà que je n'ai pas eu de ses nouvelles. (Pourquoi a-t-il fallu qu'il survive à mon compagnon ?) Je me demande avec une certaine angoisse quel sale coup il prépare encore. Mon instinct me souffle que la réponse arrivera dans les jours à venir. Que peut-il faire de plus ? Le courrier qu'il pouvait m'envoyer, il y a longtemps que cela finit directement dans les feux de cheminée sans être lus. Je n'ai plus besoin de les lire pour savoir qu'ils contiennent toujours le même poison, la même rancoeur, cette si vieille rancoeur... N'allez pas croire que je subisse ces accès de haine sans réagir. Simplement j'ai une manière plus subtile de lui rendre la monnaie de sa pièce. Comment un être qui m'avait semblé si sage et intelligent a pu se révéler aussi obstiné tant d'années à cause d'une histoire vieille comme Mathusalem ?




J'ai commencé cette nouvelle aujourd'hui. Qu'en pensez-vous ? Ce n'est qu'un bout du prologue, mais j'hésite encore à faire de cette nouvelle l'histoire de la vie de cette vieille femme, ou bien l'intégrer à d'autres nouvelles que j'avais écrites il y a de ça au moins quatre ans... j'attends vos critiques avec impatience !


Note du 5 novembre 2004

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Nouvelle (part 4 et finale)


Il était six heures du matin, et le cœur d'Anaïa venait de s'arrêter de battre.
Vers sept heures et demie, un clef tourna dans la serrure. Xavier rentra dans l'appartement, l'appelant. N'obtenant pas de réponse, il fouilla chaque pièce. La voyant endormie dans son lit, il soupira de soulagement. Il alla ouvrir la fenêtre de la cuisine pour que Toni puisse entrer (Anaïa ne lui avait pas dit que son chat était mort). Puis il retourna dans la chambre, un sourire aux lèvres, et observa Anaïa dormir. Inexplicablement, un étrange malaise l'habitait et ne voulait pas le lâcher. Il l'appela doucement. Elle ne bougea pas. Rassuré, il s'assit à côté d'elle et caressa sa joue. L'instant d'après, il bondissait du lit, constatant avec horreur que sa peau était glacée. Il bondit sur le téléphone, vit le répondeur clignoter et jura. Il décrocha, appela les secours, puis écouta les messages. Il retourna dans la chambre, prit Anaïa dans ses bras, et se mit à sangloter. "Tu es morte quelques heures trop tôt, mon amour...", répétait-il en boucle. Le téléphone sonna. Xavier ne réagit pas, le répondeur s'enclencha : "Allô ? Monsieur Fromentin à l'appareil. Je voulais vous présenter mes excuses pour l'accrochage de l'autre jour, j'étais à bout de nerfs, et manifestement vous aussi. Votre travail est majoritairement excellent, et j'ai été injuste de vous dire ces sottises. Rappelez-moi au plus vite, il se pourrait que j'ai un nouveau contrat pour vous...". "biiip" fit le répondeur. Xavier frotta sa joue trempée de larmes contre les cheveux en bataille d'Anaïa. Soudain, il sursauta : une ombre était apparue à l'encadrement de la porte : Toni était arrivé. Il sauta sur le lit et se frotta à Xavier en miaulant avec force (Anaïa avait confondu le corps avec celui de Toni...), réclamant caresses et repas, semblant également perturbé par le fait qu'Anaïa ne bouge pas. Xavier pleura de plus bel, promettant entre ses dents à celle qu'il avait aimé tellement fort qu'il prendrait bien soin de Toni.

Ce que la vie peut être joueuse et cruelle avec ses pantins humains, parfois...


Voilà, vous savez tout... je veux tout savoir, vos réactions, émotions, etc... et peut-être qu'en échange, je vous expliquerais comment elle est née... je l'ai écrite en trois heures et demie. biz....


Note du 4 septembre 2004

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Nouvelle (part 3)


De nouveau, elle dressa l'oreille, et une autre chanson de Unswabbed l'interpella : elle s'intitulait En silence. Elle lui serra les entrailles. Elle avait l'impression de le dire ce "je", de chanter à la place de celui qui hurlait ces paroles dans le micro. " Je souffre en silence, Chaque seconde me plonge dans le doute, Je souffre en silence, Je suis seul, personne à l'écoute". Elle jeta un regard à sa montre : minuit. Elle se leva en titubant, tout à coup surprise d'avoir du mal à tenir sur ses jambes. Elle tourna la tête, et dut se retenir au bar pour ne pas tomber. Elle jeta un œil aux verres s'accumulant devant sa place, et eut un hoquet de surprise. Une petite dizaine de verres se serraient les uns contre les autres, comme pour se regrouper.
Le barman surprit son regard plein de brouillard, et ne put s'empêcher d'avoir pitié d'elle. Il lui demanda si elle voulait de l'aide pour rentrer chez elle, ou un café salé pour aller faire la vidange, et y voir plus clair dans une heure ou deux. Anaïa secoua la tête en grimaçant : elle était monté sur les pires montagnes russes de sa vie. Elle réussit à lui balbutier que non, elle devrait s'en sortir toute seule, et entreprit de sortir du bar, plutôt laborieusement. Le barman eut un dernier regard inquiet pour elle, puis secoua la tête : il ne pouvait laisser son tablier ainsi, pour la raccompagner chez elle. Ce soir, le bar était comblé, grâce à Unswabbed, et il se devait de faire le maximum de recettes. Il espéra qu'elle rentrerait chez elle sans encombres et qu'elle se sortirait des problèmes qui l'avaient poussée à boire beaucoup trop.
Anaïa essaya de cacher qu'elle avait trop bu et ne marchait plus droit. Elle avala une dizaine de gélules mentholées pour tenter de dissimuler son haleine. Elle arriva devant chez elle une demi-heure plus tard : elle s'était trompée de rame de métro. Elle mit cinq minutes de plus pour introduire sa clef dans la serrure de son appartement, et claqua la porte derrière elle. Elle s'apprêta à entendre un miaulement, mais rien ne vint. Elle appela sans succès son chat, et soudain, se souvint qu'il était mort, et depuis peu. Elle s'effondra sur son lit et se mit à pleurer à chaudes larmes. Ses larmes se tarirent très vite et une rage incontrôlable la saisit soudain. Elle se leva d'un bond, alla dans sa cuisine en manquant de perdre l'équilibre et se mit à jeter toute sa vaisselle par terre en hurlant après la vie qu'elle trouvait cruellement injuste, et s'acharnant un peu trop sur elle. Elle entendit quelques coups de balais quelques minutes après qu'elle ait commencé à briser sa vaisselle. Elle stoppa net ses gestes, roulant des yeux, les cheveux en bataille, le souffle court. Elle se rendit soudain compte dans quel état elle était et cela calma net (du moins le crut-elle) sa crise de nerfs. Elle se dirigea en boitillant vers la salle de bain, et ouvrit la pharmacie. Elle en sortit une boîte de calmants. En temps normal, il lui arrivait d'en prendre un ou deux le soir quand elle n'arrivait pas à dormir. Elle en sortit tous les comprimés, et les regarda d'un air songeur. Un déclic semblait s'être fait dans sa tête. Tous ses problèmes, elle pourrait les résoudre, comme l'espérait le barman, mais pas de la manière qu'il le croyait... Elle se regarda dans la glace, et ce fut la vision qu'elle avait d'elle qui la décida. Elle vit une espèce de folle furieuse, les cheveux complètement en désordre, les yeux rouges, et la bouche tordue en une vilaine grimace. Elle eut un mouvement de recul involontaire. Elle avait cru se retrouver nez à nez avec une de ces folles que l'on trouve parfois dans ces films d'horreur, celles qui veulent tuer le héros au couteau de boucher... Il ne lui manquait plus que la bave au coin des lèvres, et tout y était. Une peur sans nom se saisit soudain d'elle. Et si elle avait pété les plombs ce soir précisément, et que le lendemain, elle serait toujours dans le même état, l'alcool en moins dans le sang ? Elle perdrait son boulot, c'était certain. Elle se ferait interner, et finirait ses jours parmi les fous. A cette idée, elle se mit à sangloter sans relâche. Quelque part dans le brouillard de son désespoir une sonnerie retentit, mais elle ne l'entendit pas. Son répondeur s'enclencha, et une voix masculine s'éleva de la machine : "Allô, Anaïa ? C'est Xavier. T'es là ? Anaïa ? Qu'est-ce que tu fais, où t'es passée ? Tu ne dors jamais à cette heure-là, normalement, et t'as pas ton répondeur ! Oh, Anaïa ! Qu'est-ce qui se passe ? ... Bon, t'es pas là, apparemment... Je voulais m'excuser pour tout à l'heure, j'aurais pas dû te dire ça... Je t'adore, et je veux pas te perdre. Voilà. Rappelle-moi, quelque soit l'heure où tu auras ce message. Je décrocherai.". Le répondeur émit un "biiiip". Anaïa avait entendu le message, mais elle n'avait pas compris qui l'appelait et ce que cette personne lui disait. Elle se contentait de regarder fixement les comprimés blancs, le cerveau bloqué sur une seule idée, quelques mots, une question, qui tournait en boucle sans sembler s'arrêter. Sans qu'elle s'en rende compte, elle articula doucement que pourquoi pas...
Un moment plus tard, les comprimés avaient tous disparu de dedans la paume de sa main. Elle se leva en chancelant, et décida d'aller nettoyer les bêtises qu'elle avait fait dans la cuisine. En un quart d'heure, elle avait tout nettoyé. Elle s'affala devant la télévision, et décida de regarder le DVD des Télétubbies qui, aussi incroyable que cela puisse être, lui inspirait toujours ses meilleurs dessins. Il était quelque chose comme une heure et quart du matin. Vers la demie, elle vit les personnages sortir du petit écran pour venir l'entourer, en chantant et souriant. Un sourire s'ébaucha sur ses lèvres. Ceux-ci l'invitèrent à se lever et à aller au lit. En pensée elle se leva et marcha jusqu'à son lit. En réalité, elle tenta de se lever et s'effondra. Ses jambes ne la tenaient plus... elle rampa tant bien que mal jusqu'à son lit, à en voir des points noirs entacher sa vision. Elle s'allongea et Pow la borda avec son plus joli sourire. Puis, tous les quatre commencèrent à lui chanter une berceuse. Anaïa s'endormit avec le sourire. Vers trois heures du matin, le téléphone sonna, le répondeur s'enclencha : "Anaïa ? C'est maman... je sais, ce n'est pas une heure pour t'appeler... écoute, j'ai réfléchi toute la soirée, et je voulais m'excuser pour mes réflexions de l'autre jour. Je n'aurais jamais dû te dire ça, me mêler de ta vie, et surtout te juger ainsi... je t'en prie, pardonne-moi... appelle-moi vite." "biiip", fit le répondeur. Anaïa, elle, frissonnait. Enfin, son corps frissonnait. Elle, elle dormait tellement profondément qu'elle était incapable de rêver et de ressentir quoique ce soit. La température de son corps chuta. Le téléphone sonna de nouveau, quelques heures plus tard : "Anaïa ? C'est encore Xavier. Je m'inquiète, là. Normalement, tu n'aurais pas du laisser ce répondeur. Qu'est-ce qui se passe ? Tu me fais la gueule ? C'est normal, je ne peux pas t'en vouloir pour ça, mais je t'en supplie, appelle-moi... plein de bisous.".


Note du 4 septembre 2004

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Nouvelle (part 2)


Après dix minutes d'errance dans le métro, elle sortit du sous-terrain, et entra dans un bar à ambiance plutôt metaleuse. Le groupe Unswabbed se produisait, et, chanceuse qu'elle était, il restait des places. Elle s'installa au bar, alluma une clope et se mit à fumer comme un pompier. Elle commanda un Bloody Mary pour commencer la soirée. Elle le sirota, se retenant de ne pas le boire cul sec. Elle prêta oreille aux paroles : "Y'a pas d'échelle dans la douleur, la tienne n'est pas la mienne". Comme c'est juste, songea-t-elle, en repensant à Xavier et Camille. Leur douleur était dérisoire à côté de celles qu'elle devait affronter. Tous s'y mettaient en même temps : les amis, les amoures, la famille. Elle s'était brouillée avec sa mère. A quel sujet déjà ? Elle ne savait plus exactement, sa mère était facilement sujette aux colères, elle ne cherchait qu'un prétexte pour exploser. Brusquement, le sujet revint à l'esprit d'Anaïa. Ses amoures, justement. De quoi elle peut bien se mêler, celle-là ! s'insurgea Anaïa. Elle lui avait reproché qu'Adrien l'ait quittée, sous-entendant qu'elle avait dû faire des conneries avec Xavier pour que celui-ci la laisse tomber ainsi. Anaïa ne se souvenait pas nettement ce qui s'était passé ensuite, mais il lui semblait qu'elle s'était mise en colère, lui hurlant de se mêler de ses affaires, qu'à ce qu'elle sache, avec son père, cela n'allait pas forcément très bien non plus, et qu'elle n'avait pas grand chose à dire dans ce cas-là, à lui faire la morale comme elle prétendait le faire. Elle avait terminé en ajoutant qu'elle n'y pouvait rien si les mecs ne savaient pas maîtriser leurs pulsions et se sentaient obligés de promener leur sexe à droite et à gauche. Elle avait violemment claqué la porte derrière elle, et depuis, elles ne s'étaient plus adressées la parole. Cela faisait un mois que sa mère ne lui avait pas téléphoné, et un mois qu'Anaïa n'était pas allée la voir. Des paroles captèrent soudain son attention : "Trouver le lien entre moi et ce monde malsain où rien ne va où je ne crois plus en rien... je n'aime pas cette vie je nie être à ma place, pourquoi subir ce qui me glace ?" Elle songea soudain à son adolescence...
Elle se revit, à ses 15 ans, se révoltant pour la première fois contre ses parents, réclamant de sortir avec ses amis... cela avait lamentablement échoué, et il avait fallu attendre sa première pour que ceux-ci l'autorisent à sortir un peu. En creusant un peu ses souvenirs, elle se rappela qu'elle n'avait jamais été comme les autres, mais au contraire plutôt marginale. Toujours plus mûre que ceux de son âge, avec une nette tendance à la morbidité. Elle n'entrait jamais dans les normes. Trop grande, trop mince, trop mûre, lisait plus que ceux de son âge, réfléchissait déjà à mille et un problèmes d'actualité ou pas... et avec une imagination sans limites. Longtemps, elle avait été mise à l'écart, comme si elle était habitée d'un virus hautement virulent. Elle avait néanmoins réussi à se faire quelques amis, assez spéciaux eux aussi. Peut-être un peu plus dans la norme, mais ils ne ressemblaient absolument pas à tout ces ados et jeunes adultes passant leur temps à s'amuser avec insouciance...
Cela la fit venir au métier qu'elle exerçait depuis peu. Avec une chance incroyable, elle avait été remarquée par un éditeur, et depuis deux ans, elle illustrait des albums jeunesse. Essentiellement ceux d'une de ses collègues, avec qui elle ne s'entendait pas trop mal. Son métier ne l'ennuyait pas trop, mais ne la passionnait pas non plus, en bref, lui permettait de gagner sa vie honnêtement. Elle repensa à la dernière incartade qu'elle avait eue avec son patron, et sa bouche se tordit en une vilaine grimace. Son regard un peu brouillé tomba sur les verres alignés devant elle. Trois, quatre ? Elle n'arrivait pas à les compter exactement. Son esprit retourna à ses occupations, à savoir, la dernière incartade entre elle et son patron. Il lui avait reproché de ne pas être très régulière dans son travail, de faire du bon boulot, et la fois d'après, quelque chose d'à peine vendable. Ca s'était passé il y a une petite semaine, juste après un coup de fil flamboyant de la part de Xavier. Elle avait les nerfs à vif, et savait très bien que si quelqu'un avait le malheur de lui faire un quelconque reproche, elle n'arriverait pas à rester calme. Et ça s'était justement produit au moment où elle était en train de se faire cette réflexion. Le patron l'avait alpaguée, et avait déversé un torrent de reproches, dont son boulot irrégulier. Elle avait tenté de respirer profondément, mais n'avait pas réussi à garder son calme.
Toute à ses pensées, Anaïa ne remarqua pas que le barman la regardait d'un air étrange. Les yeux allant des verres vides devant elle à elle qui semblait ruminer quelque sombre pensée. Il semblait hésiter sur la conduite à tenir. Il était manifeste que la jeune femme devant lui s'embourbait dans de mauvaises pensées, mais que pouvait-il faire ? Il savait les ravages que pouvait faire l'alcool, mais il ignorait comment elle réagissait lorsqu'elle était bien éméchée. Il haussa les épaules et se dit qu'après tout, il n'était pas Saint Pierre, et qu'elle pourrait bien se débrouiller seule.
Elle avait ouvert la bouche et s'était mise à vomir ce qu'elle pensait de sa boîte. Puis elle était partie en claquant la porte. Elle n'avait pas eu de nouvelles, bonnes comme mauvaises, de son boulot, depuis. Après s'être calmée, elle avait beaucoup appréhendé la réaction de son patron, mais n'avait reçu, ni coup de fil, ni de courrier indiquant qu'elle était renvoyée.


Note du 4 septembre 2004

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Nouvelle... (part 1) Titre : La vie est cruelle


Une relation humaine ne peut jamais être simple. Voilà à quelle conclusion était arrivée Anaïa en raccrochant au nez d'un de ses amis. Elle se sentait véritablement furieuse, et ne parvenait tout simplement pas à comprendre pourquoi ses relations amicales et amoureuses ne pouvaient pas être plus simples. Depuis quelques années, il lui en fallait peu, aussi, pour basculer de joie à déprime. Elle savait que ça n'était pas vraiment normal, mais elle ne savait pas trop comment améliorer tout ça. Elle avait déjà essayé de se faire passer pour une grosse dure que rien n'atteint, ça n'avait pas marché. Ensuite, elle avait tenté de se gérer, ne cherchant pas à cacher sa sensibilité, mais cela n'avait pas marché non plus. Quant à se lâcher complètement, elle avait également fait, mais c'était trop risqué. C'était un coup à se faire passer pour une folle hystérique, et puis, elle avait déjà perdu son compagnon à cause de ça...
L'amour... elle eut un drôle de sourire lorsque ce mot explosa dans son crâne. Auparavant il était entouré de tout un tas de jolies lumières roses et rouges, écrit d'une encre soignée, et assez compliquée. Maintenant, tel qu'elle le voyait, il était écrit d'un bleu terne, sur fond blanc sale. Il avait perdu tout son prestige. A cause de son ex. Déjà plus de deux mois qu'il l'avait quittée, et pas proprement, en plus... Pour une autre.
En fait, c'était un de ces soirs où elle sortait seule, pour aller au cinéma. Elle faisait la queue sur le trottoir, la nuit commençait à pointer (elle ne faisait que les séances tard le soir), et elle regardait d'un air songeur autour d'elle. Elle avait vu parmi la foule les habitués de ces séances et en avait salué quelques-uns d'un hochement de tête. Quand elle avait aperçu un visage qui lui parut familier... Elizabeth ! Elle semblait être venue avec de la compagnie. Un sourire aux lèvres en songeant à toutes les conquêtes de son amie, Anaïa avait souri et jeté un œil au compagnon de celle-ci. Son sourire s'était figé quand elle avait reconnu les traits du jeune homme. Adrien ! Interdite, elle les avait vus s'embrasser passionnément. Elle s'était brusquement tournée, les pensées se bousculant dans sa tête. Le lendemain, il était venu chez elle et lui avait dit qu'il la quittait. Elle n'avait soufflé mot sur ce qu'elle avait vu la veille.
Et depuis, elle était seule. Au début, elle était persuadée qu'elle n'allait jamais survivre toute seule, ne supportant pas le célibat. Et puis finalement, elle s'en était à peu près accommodée.
Elle entreprit de faire un peu de rangement dans son appartement, pour se changer les idées, tout en réfléchissant à l'ami auquel elle avait raccroché au nez, Xavier. Au début, ils s'entendaient très bien. Et depuis quelques mois, allez savoir pourquoi, ils n'arrêtaient pas de s'engueuler pour un rien. Déjà parce qu'elle avait perdu Adrien, ensuite parce qu'il avait eu une compagne avec qui ça avait capoté rapidement. Leurs sentiments à eux deux s'étaient drôlement embrouillés l'espace d'un mois (celui qu'elle venait de passer depuis la rupture), mais elle avait à présent l'esprit clair, à l'inverse de Xavier. Lui le vivait mal, et le lui faisait savoir en lui rendant la vie impossible. Il était très jaloux, et quand il apprenait qu'elle sortait avec un garçon, même si ce n'était qu'un ami, il pétait un plomb. Et il ne fallait pas parler de Camille... qui avait un petit faible pour Xavier.
Ca faisait des mois qu'elle était infernale, faisant des commentaires dans le dos d'Anaïa, sur son caractère, sa façon de s'habiller, absolument tout. Le problème étant que Xavier n'était jamais été la voir pour lui dire qu'il ne l'aimait pas... Alors forcément, cela envenimait d'autant plus les choses... Comme si ça ne suffisait pas, cette fille enviait également Elizabeth et son aisance pour allumer les mecs, et les garder. Ainsi que le fait que c'était toujours elle qui les jetait, et pas l'inverse... Car à son inverse, Camille se faisait toujours larguer en premier. Camille avait également pourri ses rapports avec Elizabeth, et le résultat se voyait aujourd'hui.
Mais Anaïa s'en foutait. En ce moment, sa vie battait sérieusement de l'aile... Elle avait perdu son chat la veille, elle l'avait retrouvé écrasé, et mis sur le bas côté pour ne pas gêner la circulation. A cette pensée, son cœur se serra. Elle se souvint de ses magnifiques yeux verts, sa fourrure noire si douce au toucher, et sa manie d'être si indépendant... Il avait été son compagnon quelques années, et l'avait laissée tomber à un moment on ne peut plus inopportun. Son cœur et ses pensées noircissaient à vue d'œil. Elle regarda sa montre, et décida d'aller se trouver un bar pour aller boire un coup, histoire d'oublier un peu.

Note du 4 septembre 2004

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Nouvelle (intro)


En voici l'introduction...


Si souvent


Avancer
Dans ton sens
Je ne peux plus l'accepter
Et subir, ton influence
Je ne veux plus en faire les frais
Je suis pris en otage
Par tes élans de rage
Je n'en peux plus dégage !

Si souvent je me perds
Je me tourne du mauvais côté
Si souvent quand je saigne
Je me tourne du mauvais côté
Je pourrais foutre en l'air
Toutes mes raisons de vivre
Si souvent je me tourne du mauvais côté

Chercher
La moindre chance
De pouvoir t'oublier
Et subir ton influence
Je ne veux plus en faire les frais
Dans tous mes souvenirs
Planqué là sans rien dire
Même si les années passent
Tu t'agrippes à ta place
Coincé dans mon mental
Tu es ma peine mon diable
Je n'en peux plus dégage !

Si souvent je me perds
Je me tourne du mauvais côté
Si souvent quand je saigne
Je me tourne du mauvais côté
Je pourrais foutre en l'air
Toutes mes raisons de vivre
Si souvent je me tourne du mauvais côté

Je pourrais foutre en l'air
Toutes mes raisons de vivre
Si souvent je me tourne du mauvais côté

Si souvent je me perds
Je me tourne du mauvais côté
Si souvent quand je saigne
Je me tourne du mauvais côté



En silence


Je souffre en silence
Chaque seconde me plonge dans le doute
Je souffre en silence
Je suis seul, personne à l'écoute

Toujours tort
Tant d'efforts
Mais je dois vivre avec
Tant d'efforts de remords
Vous ne me voyez pas
Rire encore
Faire le mort
Mentir comme la veille
Parler fort
Vous ne m'écoutez pas

Vu que chacun de mes mots
Vous indiffère
C'est chacun de mes mots
Que je dois taire

Je souffre en silence
Chaque seconde me plonge dans le doute
Je souffre en silence
Je suis seul, personne à l'écoute

Toujours mal
Tant de pages tournées malgré la peine
Tant de rage que l'on cache
Mais que l'on oublie pas
Face à face tout s'efface
Mais comment rester zen
Quand je crie et
Vous n'entendez pas

Mais que chacun de mes rêves
Vous indiffère
C'est toute vie en moi
Que je dois taire

Je souffre en silence
Chaque seconde me plonge dans le doute
Je souffre en silence
Je suis seul, personne à l'écoute

Je souffre en silence...

Plus rien ne sert de vouloir encore
Faire de moi l'enfant que je ne suis pas
Plus rien ne sert d'y croire encore
Je ne suis pas celui-là

Je souffre en silence
Chaque seconde me plonge dans le doute
Je souffre en silence
Je suis seul, personne à l'écoute...


Ce sont deux chansons extraites d'un album du groupe Unswabbed dont je n'ai pas le titre. C'est l'intro de ma nouvelle...


Note du 4 septembre 2004

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